Évènements Évènement
LibelléExclusion des ministres communistes du gouvernement français, dirigé par une coalition sans le parti gaulliste
Date (début)05/05/1947
SynopsisEn janvier 1947, le gouvernement Paul Ramadier doit faire face à l’opposition grandissante qui s’établit entre le PCF, la SFIO et le MRP.

La politique de blocage des salaires mise en place en 1946 pour lutter contre l’inflation avait été approuvée par le PCF, mais avec une telle position celui-ci se coupait de la masse des travailleurs qui déclenchent une série de mouvement de grèves. Finalement, au printemps 1947, le PCF décide de soutenir les revendications ouvrières et ainsi se désolidarise de la coalition gouvernementale qui refuse d’abandonner sa politique anti-inflation.

Sur le plan colonial, le PCF est hostile à toute répression à l’encontre des mouvements nationaux et refusent de voter les crédits militaire pour rétablir l’ordre à Madagascar et surtout en Indochine.

1947, le début de la Guerre froide amène le PCF a critiqué très fortement le rapprochement que souhaite opérer le gouvernement en direction des anglo-saxons. Paul Ramadier, ayant choisi nettement le camp nord-américain et soutenu par la SFIO, le MRP, les Radicaux et les modérés, saisit l’occasion d’un vote hostile des députés communistes à l’assemblée pour renvoyer les ministres communistes le 5 mai 1947. Il faut donc constituer une nouvelle majorité à l’Assemblée : ce sera la Troisième force

Pour comprendre la Troisième force, il faut comprendre ce qui se passe dans l’opposition. En effet, deux partis politiques menacent désormais la IVème République : le PCF et le RPF.

Exclu du gouvernement, le PCF est décidé, dans le cadre du Kominform, d’abattre le régime. Pour cela, il organise fin 47 et début 48, des grèves et des manifestations très importantes qui produisent une scission au sein du mouvement syndical : la Confédération Générale du Travail (CGT) éclate en CGT et CGT-FO (Force Ouvrière).

De son côté le RPF de De Gaulle mobilise les français contre les séparatistes (entendez par là les communistes) et tente d’imposer une révision de la Constitution basée sur les principes contenus dans le discours de Bayeux afin de donner à la France un pouvoir fort à l’exécutif. Le RPF connaît un succès foudroyant puisque dès octobre 1948, lors des élections municipales, il recueille 38% des suffrages. Fort de ce succès, De Gaulle réclame en vain la dissolution de l’Assemblée.

C’est contre cette double menace que les partis politiques qui soutiennent la IVème République n’ont d’autre solution que de se rassembler en une vaste coalition pour sauver le régime. C’est ce rassemblement que l’on appelle troisième force.



Cette coalition qui s’étend des socialistes de la SFIO à la droite modérée en passant par le MRP et les Radicaux est politiquement efficace contre leurs adversaires mais incapable de gouverner. En effet, les socialistes de la SFIO sont partisans de dépenses sociales ce qui entraîne une augmentation des impôts, chose à laquelle s’opposent totalement les modérés. La SFIO et les radicaux sont partisans de l’école laïque alors que les modérés et le MRP sont prêts à fournir une aide à l’enseignement privé. Enfin, dans le contexte du début des années 50, le MRP est en faveur de la Communauté Européenne de Défense (CED) qui divise les autres partis. L’instabilité ministérielle est donc plus forte que jamais.

La Troisième force n’est arrivée à s’entendre que sur la politique extérieure et coloniale. En 1952, est signé, à l’instigation de Robert Schuman, ministre des Affaires Etrangères, et de Jean Monnet, responsable du premier Plan économique français, le Pacte de Bruxelles qui marque les débuts de la construction européenne avec la mise en place de la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA), symbole de la réconciliation franco-allemande. Sur le plan colonial, est mené une politique de rigueur marquée par la répression contre les mouvements nationalistes et l’engagement dans la guerre d’Indochine.

La Troisième force se maintient au-delà des élections de 1951 qui se manifestent par un maintien du PCF (25% des voix), mais par un recul du RPF. Ces deux partis conservent toutefois 220 sièges à l’Assemblée. La Troisième force se disloque toutefois à l’occasion de la question scolaire, lorsque à l’Assemblée nationale est votée une série de lois d’aide à l’enseignement privé avec l’appui des députés RPF. A partir de là, le glissement à droite est très net.



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