Bienvenue sur le site La Guerre froide

Un site dédié à la Guerre froide

Ce site a pour objet de proposer une chronologie et une documentation détaillées relatives à la Guerre froide, période de fortes tensions géopolitiques durant la seconde moitié du xxe siècle, entre d'une part les États-Unis et leurs alliés constitutifs du bloc de l'Ouest et d'autre part l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) et ses États satellites formant le bloc de l’Est.

Le site couvre principalement la période comprise entre les années 1947 et 1991 qui sont le plus couramment admises comme marquant le début et la fin de la Guerre froide. Celle-ci trouve toutefois son origine dans les relations entre les puissances alliées durant la Seconde Guerre mondiale et dans l'immédiat après-guerre. Aussi ce site documente-t-il en détail également les évènements qui, entre 1941 et 1946, façonnent le monde d'après-guerre et figent l'antagonisme entre les deux blocs. Symétriquement, le nouvel ordre mondial de l'après Guerre froide se met en place progressivement dans les premières années de la décennie 1990, ce qui conduit à documenter aussi les principaux évènements qui ont mis fin à la Guerre froide et instauré le monde du début du XXIe siècle.

Vous trouverez dans la page À propos des informations détaillées sur la nature et la structure des données disponibles sur ce site : chronologie d'évènements, dossiers par thème, documents source, livres et pays impliqués.

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3 juin 2019

De nouveaux documents à l'occasion du trentième anniversaire des évènements de Tiananmen

En Chine, les manifestations sur la place Tian'anmen, entre le 15 avril et le 4 juin 1989, se terminent par une intervention sanglante de l'armée. La répression fait au moins des centaines de victimes et peut-être plusieurs milliers. Trente ans après, le gouvernement de Pékin continue d'imposer la loi du silence sur ces évènements.

Des diplomates en poste à Pékin durant les années 1980, des journalistes et des dissidents réfugiés hors de Chine ont contribué à une importante littérature sur ces évènements. À l'occasion de leur trentième anniversaire, de nouvelles publications sont référencées sur ce site, parmi lesquels la vidéo en anglais It happened in Tiananmen Square, le texte The 1989 Tiananmen Movement and Its Aftermath publié par l'Université d'Oxford, ou encore les documents publiés par The National Security Archive sous le titre générique Tiananmen Massacre 30th Anniversary.

2 mai 2019

Il y a trente ans s’ouvrait la première brèche dans le « rideau de fer »

Le 2 mai 1989, la Hongrie commence à démanteler le système d'alarme électrique et le double grillage barbelé qui ferment depuis 1966 les 260 kilomètres de sa frontière avec l'Autriche, ouvrant ainsi la première brèche dans le « rideau de fer ».

Six mois plus tard, le 9 novembre, le « mur » tombe à Berlin, scellant ainsi définitivement la chute des régimes communistes en Europe de l’Est et la désintégration du bloc soviétique. L’histoire a retenu cette date, mais la liberté donnée par Mikhaïl Gorbatchev aux pays d’Europe de l’Est de prendre en mains leur destinée et les évènements en Hongrie ont rendu possible ce dénouement pacifique à Berlin et la réunification de l’Allemagne.

L’intervention des troupes soviétiques en Allemagne de l’Est (1953), en Hongrie (1956) et en Tchécoslovaquie (1968) a montré que les États « satellites » d’Europe de l’Est sont soumis à un contrôle étroit de la part du « grand frère » soviétique. Si des marges de manœuvre existent dans le domaine économique, l’orthodoxie prévaut dans le domaine politique. Il n’est pas question de remettre en cause le rôle prédominant du Parti communiste, l’appartenance au pacte de Varsovie et la doctrine marxiste-léniniste. Toutes les décisions importantes font l’objet de consultations préalables entre les dirigeants d’Europe de l’Est et ceux d’Union soviétique. La « doctrine Brejnev » formalisée en 1968 dans le contexte du Printemps de Prague pose en ces termes les limites de la liberté d’action des États d’Europe de l’Est : « les peuples des pays socialistes et les partis communistes ont (…) la liberté de déterminer les voies de progression de leurs pays respectifs. Cependant, aucune de leurs décisions ne doit porter atteinte au socialisme de leur pays, ni aux intérêts fondamentaux d’autres pays socialistes, ni à l’ensemble du mouvement de la classe ouvrière, qui œuvre pour le socialisme ».

L’arrivée au pouvoir de Mikhaïl Gorbatchev le 11 mars 1985 va changer la donne. Dès le surlendemain, lors des obsèques de Tchernenko, Gorbatchev dit aux dirigeants des pays d'Europe de l'Est « qu'ils ne doivent pas compter sur les chars soviétiques pour se maintenir au pouvoir ». Ce changement radical de ligne politique est réitéré à plusieurs reprises entre 1986 et 1988, d’abord dans le secret des instances politiques et militaires du bloc de l’Est, puis à l’occasion de déclarations et discours publics. Le point culminant de cette progression est atteint lors du discours prononcé le 7 décembre 1988 par M. Gorbatchev à l’Assemblée générale de l’ONU, dans lequel il annonce des réductions importantes des troupes soviétiques en Europe et affirme que « l'usage de la force ne peut plus constituer un instrument de la politique étrangère, (...) et que le principe du libre choix est (...) un principe universel qui ne devrait souffrir aucune exception ». Cette déclaration enterre définitivement la doctrine Brejnev.

Si Erich Honecker en RDA au pouvoir depuis 1971 et Gustáv Husák qui préside aux destinées de la Tchécoslovaquie depuis 1969 ne veulent pas de réformes profondes et s’inquiètent des évolutions en Union soviétique, les Polonais comme les Hongrois saisissent au contraire cette opportunité pour engager d’importantes réformes économiques et politiques. La Hongrie, dirigée depuis 1956 par János Kádár, bénéficie depuis la fin des années 1960 d’un niveau de vie et de libertés supérieurs aux autres pays d’Europe de l’Est. Toutefois les Hongrois sont touchés en 1985 et 1986 par une importante crise économique. Malade, Kádár cède progressivement le pouvoir en 1987 et 1988 aux réformateurs du Parti socialiste ouvrier hongrois (PSOH). Partisan de réformes radicales, Miklós Németh devient président du Conseil des ministres le 24 novembre 1988. Il introduit les premières réformes politiques qui engagent la Hongrie vers le multipartisme le 11 janvier 1989. Un mois plus tard, le 11 février, le Comité central du PSOH accepte le principe d'une transition vers le multipartisme, assortie de conditions et sur un calendrier de plusieurs années. Puis le 13 février, la Hongrie et l’Autriche se mettent d’accord pour que le « rideau de fer » à leur frontière soit démantelé. Les travaux commencent le 2 mai.

Cette brèche ouverte dans le « rideau de fer » est une opportunité pour les ressortissants de l’Est qui désirent passer à l’Ouest. Entre 1966 et 1988, 13 500 tentatives de fuite ont été recensées à la frontière austro-hongroise, mais 300 personnes seulement ont réussi à passer à l'Ouest. Selon des informations fournies par la RFA le 18 juillet, au moins 60 ressortissants est-allemands ont réussi à gagner l'Autriche depuis le début des travaux de démolition des installations empêchant le franchissement de la frontière entre la Hongrie et l'Autriche. Durant l’été 1989, le nombre de départs vers l’Ouest augmente substantiellement : selon une dépêche de Reuters en date du 17 août, 1 100 ressortissants de RDA ont fui en Autriche via la Hongrie depuis le début du mois d'août. La Hongrie ouvre officiellement sa frontière avec l'Autriche le 10 septembre 1989, permettant ainsi aux Allemands de l'Est de fuir à l'Ouest.

La formule suivante a souvent été utilisée pour résumer la désintégration du bloc de l’Est en 1989 : « La Pologne a eu besoin de dix ans pour se libérer du communisme, la Hongrie l'a fait en dix mois, la R.D.A. en dix semaines, la Tchécoslovaquie en dix jours et la Roumanie en dix heures ».

Sur ce sujet et des thématiques voisines, voir les dossiers Crises en Europe de l'Est, Désagrégation du bloc de l'Est et Événements politiques et sociétaux du monde communiste.

10 avril 2019

Il y a 40 ans, les États-Unis achevaient de normaliser leurs relations avec la Chine

Entre décembre 1978 et avril 1979, le président Jimmy Carter mène à son terme le processus de reconnaissance de la république populaire de Chine par les États-Unis entamé par Richard Nixon en 1971 et marqué par la visite du président américain du 21 au 28 février 1972 au cours de laquelle il s’entretient avec Mao Zedong et Zhou Enlai.

Un communiqué conjoint est publié le 15 décembre 1978 par lequel les deux États annoncent qu’ils établiront des relations diplomatiques le 1er janvier 1979. Les États-Unis reconnaissent le gouvernement de la république populaire comme le seul représentant légal de la Chine. Toutefois, le communiqué précise que les États-Unis maintiendront des relations culturelles, commerciales et d’autres relations non officielles avec les Taïwanais.

Le Congrès américain adopte le 10 avril 1979 le « Taïwan Relations Act» qui entérine la fin des relations diplomatiques officielles entre les États-Unis et Taïwan mais autorise la vente d’armes américaines et dispose que les États-Unis demeureront en capacité de s’opposer à tout recours à la force ou à d'autres formes de coercition mettant en péril la sécurité, le système social ou économique des habitants de Taiwan.

Ces dispositions visent à compenser la nécessité pour les États-Unis de mettre fin au traité de coopération mutuelle et de sécurité signé avec Taïwan en décembre 1954.

4 avril 2019

Ouverture du site au public à la date anniversaire de la signature du traité de l'Atlantique nord, 70 ans auparavant

Ce site la Guerre froide est ouvert au public depuis le 4 avril 2019. Son contenu continue d'être enrichi afin d'offrir à ses visiteurs une information riche et fiable sur la guerre froide, avec un accent particulier mis sur les relations internationales, les crises internes aux deux blocs de l'Est et de l'Ouest ou entre ces deux blocs, les théories de dissuasion et les stratégies de guerre nucléaire, ainsi que le contexte économique et de politique intérieure des États protagonistes.

Cette date a été choisie car elle marque le soixante-dixième anniversaire de la signature du traité de l'Atlantique nord, qui instaure une alliance devenue avec la mise sur pied d'une organisation militaire intégrée, l'OTAN, l'un des piliers des relations transatlantiques et de l'architecture de sécurité en Europe. L'alliance politique et militaire instaurée par ce traité demeure en place trente ans après la chute du mur de Berlin.

Retrouvez les évènements et les documents relatifs à la genèse de l'Alliance atlantique, à la mise en place de l'organisation militaire intégrée, au long processus diplomatique ayant conduit au réarmement de l'Allemagne de l'Ouest et à son entrée dans l'Alliance entre 1949 et 1954 dans le premier des trois dossiers thématiques qui lui sont consacrés. Le deuxième dossier thématique couvre les années 1955 à 1966, au cours desquelles l'OTAN fait le choix de la nucléarisation de ses forces et affronte successivement la crise de Berlin puis la sortie de la France de l'organisation militaire intégrée voulue par Charles de Gaulle. Le troisième dossier thématique aborde les années 1969 à 1994 marquées initialement par la détente des relations Est-Ouest en Europe, puis par un net refroidissement dont la crise des euromissiles en est l'un des faits saillants, et enfin par la dislocation du bloc soviétique.

23 mars 2019

Il y a 70 ans, l'explosion de la première bombe atomique soviétique place la dissuasion nucléaire au centre de la Guerre froide

Le monopole nucléaire des États-Unis prend fin en 1949 lorsque les Soviétiques font exploser leur première bombe atomique. Truman et tous ses successeurs à la présidence des États-Unis s'interrogent sur la place de l'arme nucléaire dans la stratégie des États-Unis. Alimentées par des think-tanks comme la RAND Corporation, les théories de dissuasion nucléaire se succèdent dans les années 1950 et 1960 au fur et à mesure que les arsenaux nucléaires croissent en taille et en sophistication. Dans l'ombre des réflexions et déclarations publiques, les états-majors préparent des plans secrets d'emploi de ces armes, approuvés par le National Security Council (NSC), qui sont de nos jours partiellement déclassifiés.

Sous la présidence d'Eisenhower, la théorie officielle est celle des « représailles massives » contre toute attaque venue d'URSS. Kennedy, effrayé des risques qu'une guerre nucléaire totale ferait courir à l'humanité, adopte une posture de « réponse flexible » permettant de graduer la riposte en fonction de l'agression.

Retrouvez les évènements et les documents relatifs au nucléaire dans les thèmes Stratégie et dissuasion nucléaire, Stratégie militaire des États-Unis, et Stratégie militaire de l'Union Soviétique.

18 mars 2019

Les quatre acteurs clés de la détente en Europe

Au milieu des années 1960, après les crises de Berlin et de Cuba qui effraient le monde, les relations Est-Ouest connaissent en Europe une période de détente qui culmine en 1975 avec la signature des accords d'Helsinki sur la sécurité et la coopération en Europe.

Quatre hommes d'État jouent un rôle clef dans ce dégel des relations entre les deux blocs. De Gaulle, le premier, dénonce la logique de confrontation entre les blocs et plaide pour la détente en Europe en 1965 et 1966 lors de ses célèbres conférences de presse et de ses rencontres au sommet avec les dirigeants soviétiques. L'arrivée en 1969 de Willy Brandt à la Chancellerie en République fédérale d'Allemagne (RFA) va accélérer le cours de l'histoire : il mène une politique d'ouverture à l'Est, l'Ostpolitik, qui aboutit en trois ans à la signature de traités avec l'Union soviétique, la Pologne et la République démocratique allemande (RDA).

Enfin, malgré la Guerre du Viêt Nam, Léonid Brejnev et Richard Nixon soutiennent les efforts de détente en Europe et engagent en parallèle l'Union soviétique et les États-Unis dans un processus de réduction de leurs arsenaux nucléaires. Les deux dirigeants se rencontrent à plusieurs reprises, et notamment signent en 1972 les accords SALT I de réduction des armes nucléaires stratégiques.

9 mars 2019

Zoom sur le thème « Introduction générale à la Guerre froide »

L'origine du terme « Guerre froide » est documentée dans le thème Introduction générale à la Guerre froide. Vous y trouverez le texte original dans lequel George Orwell l'utilise en 1945 pour la première fois. Des personnalités du monde politique comme Bernard Baruch, conseiller des présidents américains Roosevelt et Truman, ou du monde journalistique comme Walter Lippmann populariseront cette expression en 1947.

Sous ce thème, vous trouverez aussi des documents qui donnent une vision d'ensemble de la Guerre froide et des sites en français ou en anglais qui mettent en ligne de nombreux documents relatifs à cette période de l'histoire, parmi lesquels notamment le site CVCE.eu de l'université du Luxembourg.

Enfin, vous trouverez une liste d'ouvrages généraux sur la Guerre froide, en français ou en anglais, dont la plupart ont été publiés depuis l'ouverture partielle des archives soviétiques et bénéficient donc d'un éclairage plus précis de la politique menée par Staline et Khrouchtchev que celui dont les rédacteurs des premiers livres parus dans les années 1980 et 1990 disposaient.

8 mars 2019

Un nouveau thème sur la « Dislocation de la Yougoslavie »

La désagrégation du bloc de l'Est fait resurgir les forces nationalistes et irrédentistes dans des pays où le pouvoir communiste central en a empêché l'éclosion durant des années. Dans le contexte général du dénouement de la Guerre froide, en Yougoslavie, dont l'unité est fragilisée depuis la mort de Tito, chacune des Républiques autonomes aspire à partir de 1990 à prendre son indépendance, à l'exception de la Serbie qui cherche à maintenir au minimum un système fédéral. Très vite, les oppositions entre les communautés ethniques dégénèrent en affrontements qui se transforment en véritables guerres qui vont durer des années. Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale des combats se déroulent sur le sol européen.

Ce nouveau thème relatif à la dislocation de la république fédérative socialiste de Yougoslavie (RFSY) retrace les principaux évènements qui se déroulent dans l'ex-Yougoslavie entre 1990 et fin 1994. Ils mettent en évidence la difficulté, pour ne pas dire l'incapacité, des organisations internationales à imposer un processus de résolution pacifique de ces conflits. La Forpronu, force de maintien de la paix de l'ONU ne parvient pas à empêcher de nombreux massacres. L'intervention des États-unis et de l'OTAN dans les années 1994 et 1995 apporteront une contribution tardive mais décisive dans la résolution des conflits entre la Bosnie-Herzégovine, la Croatie et la Serbie

Remarque : Le processus de dislocation de la Yougoslavie se poursuit au-delà de la fin de l'année 1994. Le choix a été fait de ne pas relater dans ce site d'évènements postérieurs au 31 décembre 1994.

6 mars 2019

Pour les passionnés des conférences de presse du général de Gaulle !

Dans ses célèbres conférences de presse, le Général livre régulièrement son analyse de la situation politique internationale. Celle du 25 mars 1959 où il affirme que la réunification est le destin normal du peuple allemand, trente ans avant la chute du mur de Berlin, en est un exemple. Celles du 10 novembre 1959 et du 4 février 1965 sont aussi éclairantes de sa vision du monde.